Comment est né le groupe FONKY FAMILY ?

Fonky Family est en fait la fusion de deux groupes marseillais qui se connaissaient. Au cours d’un concert où les deux groupes étaient présents, le 3 décembre 94, pour la première partie du groupe Sens Unique, s’est formé le groupe Fonky Family. C’est en fait par relations interposées que ça a commencé : je connaissais Choa, Karim (Sat) qui connaissait quelqu’un d’autre… On s’est tous rencontré comme ça.

Quelles sont vos principales influences ?

On n’a pas forcément d’influences sur le rap, parce qu’il ne faut pas être influencé, il faut faire de soi même et ne pas pomper. On apprécie des groupes de New York, à une époque un peu ceux de Los Angeles, mais beaucoup plus de New York maintenant.

Qu’a apporté le hip hop dans votre vie ?

Le hip hop nous a apporté beaucoup de respect envers les gens, il nous appris ce que rester droit et apprendre à respecter autrui signifient. Ca nous a donné un style de vie à suivre pour mieux apprendre à gérer notre avenir.

Quels sont vos artistes français préférés ?

Nous, on admire tous ceux qui représentent, tout ceux qui font avec le cœur quelque chose, quelque soit le style de musique. S’il faut citer des noms : il y a NTM, Arsenik, à marseille, il y a le Carré Rouge, le Venin, le 3ème Œil.

Parlez-nous de la scène rap marseillaise ? Quelles différences exite-il entre le rap français et le rap marseillais dans l’attitude ?

La scène marseillaise est représentée par de nombreux groupes : il y avait le groupe IAM, maintenant il y a la Fonky Family, Def Bond, le 3ème Œil, Faf la rage, mais aussi des groupes qu’on connaît moins comme le Carré rouge, le Venin, la Puissance Nord, les Veuves noires , les Psychiatres de la Rime, il y a également beaucoup de groupes, de rappers solos et de DJs comme Don Sleep, etc. Marseille, c’est surtout de la production de son et de DJs, il n’y a pas beaucoup de culture de danse comme à Paris. La différence avec Paris, c’est que tout est à l’intérieur de Marseille, il n’y a pas de banlieue, c’est des quartiers intra muros où tout le monde se connaît.

Quels sont vos artistes US préférés ?

On revient encore à New York : y en a pleins. Avant il y avait Public Enemy, Rackim, Beedjy P, maintenant il y a Mobb Deep, Wu Tang, Noriega, Nas, Fox Money, Foxy, il y en a pleins… Il faut surtout se mettre à l’écoute, aller écouter des mix-tapes de Djs pour apprendre car des fois il peut y avoir que du white label, du R&B ou du rap français. C’est enrichissant. Il faut écouter pour apprendre sur le rap.

Quelle différence faites-vous entre les hip hops français et américain ?

C’est les Américains qui ont inventé le hip hop mais le hip hop français n’a plus rien à envier au rap US. Il possède assez de richesses. Il ne faut pas forcément pomper sur le rap américain. Le rap et le hip hop français sont parfois meilleurs que les Américains, mais malheureusement ce n’est pas souvent ceux-là dont on entend le plus parler…

Selon vous, le rap français séduira-t-il un jour le rap américain ?

C’est dur… séduire, oui, mais les Américains n’aimeront jamais autant parce qu’ils veulent comprendre les paroles. Au niveau du rap américain, il a séduit le rap français. L’inverse existe mais ce n’est pour le moment ça ne concerne que des productions musicales précises comme MC Solaar et Guru ou NTM et Nas. Mais ce sont des trucs pour la France.

Y a des ingénieurs américains qui disent que c’est super ce que font les rappers français. Pour les Américains, ce sera jamais pareil à cause de la langue. Là-bas, ils connaissent Solaar mais ça ne peut pas frapper autant qu’ici, c’est impossible.

Quelles sont les raisons du succès grandissant du rap français ?

Au début, c’est toute la mouvance que le rap a apporté qui a créé ce succès : les danseurs, les rappers, les grapheurs, les DJs, les fanzines… Il y en a toujours mais avec moins d’histoires derrière qu’il y a 5 ou 6 ans. Avant il y avait tout une histoire, on portait des cartes d’Afrique, etc. Maintenant, il y a toujours autant de choses mais c’est devenu un business.

Avant c’était la foi, il n’y avait pas de reconnaissance, ni de business. Mais dans l’esprit, c’est toujours pareil.

Y aura t-il une place pour tout le monde sur la scène rap française ?

Comme on le dit souvent, il y aura une place pour ceux qui se la feront. Après c’est aussi une question de chance, d’opportunité et de volonté, il ne faut pas faire n’importe quoi, ne pas tout gâcher au bon moment. Mais on ne peut pas parler à la place des autres… Nous, on essaie de saisir notre chance, et de ne pas la gâcher. Que les autres fassent de même. Il y a pleins de gens sur tous les fronts. La personne qui aura le plus de rage et de cœur y arrivera forcément.

Le rap est sur la FM : bonne ou mauvaise chose ? Est-ce que cela décrédibilise le rap ?

La radio ne décrédibilise pas du tout le rap. On en a besoin pour se développer. Je pense que c’est important que des radios comme Skyrock passent du rap. S’il n’y avait pas Skyrock, il y aurait eu plein de gens qui ne connaîtraient pas le rap. Il y a aussi pleins d’autres radios : Ado à Paris, Radio Nova à Montpellier et à Paris , Radio Grenouille à Marseille, pour ne citer qu’elles.

Le rap doit-il jouer un rôle social ?

Don Choa : Si Role social veut dire sortir les gens de la merde ? Alors ça, jamais. Le rap ne servira jamais à ça. En réalité, il n’a pas de rôle. Chacun y met ce qu’il veut, il écoute et voilà. Nous, on fait les choses avec le cœur, mais on n’a pas la prétention de croire à un rôle social. Si tu arrives à changer une seule personne pour la mettre sur le droit chemin, c’est extraordinaire, mais je ne sais pas si on peut y arriver.

Djel : Ma réponse est différente : il y a un but social dans le rap parce qu’il vient de la rue, il parle des problèmes donc à mon avis, il est toujours un peu social.

Don Choa : Oui, mais il n’a pas de politique précise. Le rap, ça te donne une manière de vivre pour faire les choses à fond.

La lutte contre le FN est-elle pour vous une priorité ?

C’est bien grave qu’il y ait autant de voix FN. La France, à travers ses ministres, a banalisé ce parti, ce qui fait qu’aujourd’hui c’est banal de dire “J’aime pas cet Arabe”, ou “j’aime pas ce Noir”. Ce n’est pas bien. Normalement, les gens comme cela devraient vivre dans un autre pays, à eux. Sinon, la moitié des gens devraient être tués et après ces gens-là se tueront entre eux.

Vous êtes Disque d’or avec un vrai disque de hip hop de rue. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Le bonheur ! La rue a parlé et a tout dit.

Vous avez fait deux tournées françaises de 20 dates chacune. qu’est-ce que cela vous a apporté ?

On a rencontré beaucoup de monde, ça nous a fait plaisir de rencontrer notre public. On a vu dans des petits coins des gens qui venaient, des rappers de tous les coins qui étaient forts et qui rappaient avec nous en fresstyle. C’était bien. Merci à tous ceux qui sont venus à nos concerts, qui levaient les mains, et chantaient nos paroles. Il faut qu’on évolue avec eux.

Pour finir, qu’est-ce que vous voulez dire à toute les personnes qui vous ont soutenus depuis un an ?

Merci, merci, merci de la part de tout le groupe. Merci à ceux qui ont travaillé sur l’album, ceux qui l’ont acheté. Ils ont tous participé pour que ce groupe avance. On va faire le maximum.

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